le Printemps de la Galerie : je vous invite à partager avec moi ma visite au 19M.
Merci aux équipes pour leur accueil et explications précieuses.
Entre les épisodes 4 et 5 de sa programmation Sur le fil : broderie et tissage,
la Galerie du 19M fait un pas de côté et célèbre l’arrivée du printemps.
Dédiée à la promotion des savoir-faire de la mode, de la décoration et du design, ainsi qu’à leur transmission, la programmation bourgeonne en une série d’événements qui croisent l’excellence des Maisons du 19M au talent des jeunes générations et à la curiosité des amateurs. Toujours, de florissantes histoires de passions et de belles rencontres .
Si les raisons qui incitent les artistes plasticiens à intégrer les métiers d’art à leur pratique sont diverses, nombreux sont ceux qui y voient une occasion de renverser la hiérarchie de valeurs entre beaux-arts et artisanat.
Ils repensent ainsi les catégories du high et du low, du fonctionnel et du décoratif, du nécessaire et du contingent.
Invités par POUSH et le19M, les artistes Julian Farade et Desire Moheb-Zandi proposent ici une exploration de leur processus créatif à travers la broderie et, plus généralement, l’art textile. Dans la Galerie du 19M, leurs deux installations investissent la scénographie inventée par Atelier Craft, un studio de création et de fabrication implanté à Aubervilliers.
En 2019, quand Julian Farade transpose ses peintures en brodant sur une toile de coton, c’est d’abord pour concevoir ce qu’il qualifie «d’ouvres d’appartement ». Au moment ou il ne peut plus acceder à un atelier pour y peindre, il imagine dans son appartement ces broderies aux formes dynamiques. Jusqu’alors tracés au pinceau, ces contours d’animaux hybrides sont désormais dessinés au « point lancé » de l’aiguille. On perçoit immédiatement la parenté de cette technique avec le mouvement de va-et-vient et de spirales de ses peintures et dessins.
Desire Moheb-Zandi, artiste turco-iranienne, mêle quant à elle l’héritage des techniques ancestrales acquises auprès de sa grand-mère à des matériaux glanés dans les rues de New York et de Paris. Elle s’engage dans une voie libre et inventive pour dépasser les frontières du tissage traditionnel en utilisant et en explorant de nouveaux matériaux et techniques qui lui sont propres, tissant ici un dialogue avec l’imagerie du jeu vidéo. L’artiste invite elle aussi le public à interpréter ce dialogue entre les techniques traditionnelles du tissage, de la broderie et la production contemporaine et technologique des pixels.
Jusqu’au 12 février. les œuvres hissées et imaginées par les deux artistes deviennent des territoires de jeu et d’exploration brodés par les participants.
« Avec les peintures rupestres, les fils ont été parmi les plus anciens transmetteurs de sens », écrivait l’artiste textile américaine d’origine allemande Anni Albers (1899-1994). Au 19M, Desire Moheb-Zandi et Julian Farade parcourent ce fil de la transmission à travers leurs deux œuvres monumentales qui évoluent tout au long de l’exposition.
Ces transformations qui enrichissent la proposition des artistes s’opèrent main dans la main avec les artisans de la Maison Lesage et leur science du geste, sous l’oeil averti du directeur artistique Hubert Barrère. Suivant les indications laissées par les artistes et accompagné de brodeurs amateurs, le public vient quotidiennement enrichir l’amorce initié par les mains habiles des artisans de la Maison Lesage.
Yvannoé Krüger










































































































































































































































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